La Volière à Saint-Pierre : une opération exemplaire de gestion intégrée des eaux pluviales

Livrée en mai 2024, la résidence La Volière s’impose comme une opération pilote sur l’île de La Réunion. Entre intégration urbaine, performance environnementale et qualité d’usage, elle illustre comment une gestion intégrée et raisonnée des eaux pluviales peut devenir un véritable moteur de conception architecturale et paysagère.

Données clés :

  • 68 logements (20 sociaux et 50 intermédiaires)

  • Livraison : mai 2024

  • Localisation : Saint-Pierre, La Réunion

  • 8 bassins versants traités

  • 5 espaces verts en creux et 3 parkings réservoirs

Une opération au coeur de l’Île de la Réunion

Implantée dans une polarité périphérique de Saint-Pierre, l’opération se situe en frange d’urbanisation, à proximité du périmètre du NPNRU de Bois d’Olives. Elle s’inscrit dans un territoire en forte mutation, soumis à la pression démographique et foncière que connaît l’île de La Réunion.

L’objectif était de concevoir un programme résidentiel assurant la couture urbaine entre un tissu pavillonnaire existant et un paysage agricole de champs de canne à sucre, tout en répondant à des contraintes hydrauliques majeures : l’interdiction de rejet des eaux pluviales sur le réseau public.

Dans un contexte où la demande en logements sociaux reste forte – avec plus de 51 000 demandeurs recensés – la résidence La Volière propose 68 logements, dont 20 logements sociaux et 50 logements intermédiaires, répondant à un besoin local pressant.

Une gestion des enjeux liés aux eaux pluviales intégrée dès la conception

Le projet développe une approche exemplaire en matière de Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GIEP), pensée dès la conception. Cette démarche s’inscrit dans un projet architectural et paysager cohérent, respectueux du site et de sa topographie.

Sa singularité : l’opération a été découpée en huit bassins versants et met en œuvre des Solutions Fondées sur la Nature :

  • Espaces verts en creux modelés selon le nivellement du terrain, pour stocker et infiltrer les eaux.

  • Parkings réservoirs dotés de couches drainantes et de rivières sèches végétalisées.

  • Cheminement de surface via des noues pour des écoulements courts et maîtrisés.

La conception hydraulique, fondée sur le traitement surfacique et local de l’eau, élimine le recours à des réseaux enterrés ou bassins artificiels.

Plus de sécurité et des coûts réduits

La GIEP permet une limitation significative des risques naturels en traitant la goutte d’eau au plus près de son point de chute. Ce principe renforce la sécurité des biens et des personnes tout en améliorant la qualité de vie des habitants.
Sur le plan économique, cette approche a permis une réduction de 30 % du coût des VRD (voiries et réseaux divers), libérant ainsi des marges pour investir dans la qualité architecturale et paysagère.

Le paysage, pensé comme outil technique et cadre de vie, contribue à la fraîcheur du site, au confort thermique et à la biodiversité. La résidence alterne jardins privatifs et espaces communs généreusement plantés d’essences endémiques, créant une véritable synergie écologique.

Bonnes pratiques à retenir :

  • Anticipation de la gestion hydraulique dès la conception architecturale.

  • Exploitation de la topographie naturelle pour réduire les terrassements.

  • Coopération étroite entre architectes, paysagistes et ingénieurs hydrauliques.

La volière en bref :

  • La GIEP, une solution fondée sur la nature permettant la décarbonation des investissements.

  • Par la suppression des bassins de rétention, optimisation des surfaces constructibles et limitation de la consommation des espaces naturels et agricoles.

  • Par sa gestion de la goutte d eau au plus près de là où elle précipite, limitation du ruissellement et de la concentration des eaux pluviales .